46 Rue Hippolyte Maindron (Alberto Giacometti/Jean Genet)

DimensionsH 180 cm x L 125 cm x P 45 cm
Matériaux Verre sablé, verre massif, aluminium peint, bois, bronze moulé, aluminium moulé

Pendant cinq ans après la publication en 1949 du Journal du voleur de Jean Genet, il a souffert du syndrome de la page blanche. En 1954, présenté par Jean-Paul Sartre, Genet a commencé à fréquenter régulièrement l'atelier de 24 mètres carrés situé au 46, rue Hippolyte Maindron, où vivait et travaillait Alberto Giacometti. Au cours des années suivantes, il a posé pour neuf portraits, trois peintures et six dessins. Le dialogue qui s'est noué pendant cette période intense entre 1954 et 1957 a été tout à fait particulier et a donné lieu à un essai de quarante pages de Genet, “ L'Atelier d'Alberto Giacometti ”, qui sondait la solitude et le désir de perfection qui imprégnaient la vie et l'œuvre de l'artiste. Ce livre a été l'inspiration de ma sculpture. Contrairement à la plupart des écrits sur l'art de l'époque, Genet s'est concentré sur les aspects philosophiques et émotionnels de la création plutôt que sur une analyse technique. Cette relation symbiotique a permis à Genet de se détendre et de retrouver la confiance nécessaire pour poursuivre son écriture, et il a rapidement produit deux pièces de théâtre, “ Le Balcon ” et “ Les Nègres ”. La relation entre Genet et Giacometti est un exemple de la manière dont les artistes peuvent s'influencer mutuellement. Les deux hommes sont restés des amis proches jusqu'à la mort de Giacometti en 1966.

En 1972, lorsque l'atelier a dû être libéré, Annette, la veuve de Giacometti, a tout retiré, y compris les murs peints en plâtre, et les a fait transférer à l'Institut Giacometti. À partir de cette reconstruction et des nombreuses photographies célèbres, j'ai choisi un certain nombre de détails pour aider à raconter cette histoire remarquable. Les murs en plâtre étaient un méli-mélo de couleurs, terre de sienne claire, ocre, blanc et noir. Dans ces murs, Giacometti a incisé de nombreux motifs. Ainsi, le panneau de support en aluminium est peint, avec une feuille de verre plat sablé à l'avant sur laquelle plusieurs des dessins sont gravés en surface. S'y ajoutent des reproductions gravées de deux dessins : un croquis de Jean Genet à gauche et un autoportrait à droite. Un texte est gravé dans chacune des grandes figures en verre massif, tiré de l'essai de Genet : “ La forme est toujours une expression de l'obsession ” sur la figure de Giacometti et “ Les textes sont le reflet linguistique de l'art ” sur la figure de Genet. Sur le plateau de la table, j'ai reproduit en bois, en bronze coulé et en aluminium coulé une grande partie du désordre encombré de pinceaux, de tubes de peinture, d'outils et de bouteilles trouvés dans l'atelier d'Alberto Giacometti.